Thiéboudiene Diaga - riz au poisson sauce Diaga
Aïssatou Mbaye
4 avril 2021
4 Avril : fête de l'indépendance de Sénégal et quoi de mieux que notre Thiéboudiene nationale pour célébrer ce jour. Je suis une fan de Thiéboudiene, je trouve que ce plat reflète à merveille le charme et la technicité de la cuisine sénégalaise. A travers ses couleurs et son parfum on entrevoit tout le dynamisme de la société sénégalaise, son histoire, ses influences et ses transformations.

Originaire de Saint-Louis, ce plat a été créé pendant la colonisation par une cuisinière appelée Penda Mbaye. Véritable cordon bleu, elle eut l'idée de malaxer des tomates cerises, qu’elle fit rissoler avec des oignons pour préparer un bouillon auquel elle incorpora du riz brisé dont la consommation était imposée à l’époque par les colons.

Le thiéboudiene est ainsi pour beaucoup le symbole d’une substitution de nos céréales locales par une céréale importée : le riz brisé. Je précise le riz brisé, parce le Sénégal cultivait du riz bien avant la colonisation, surtout dans la région de la Casamance. Ce que les colons ont apporté c'est donc le riz brisé encore appelé le riz cassé. A l'époque, le Sénégal en tant comptoir commerciale était spécialisé dans la culture de l'arachide. Dans les champs, les céréales locales comme le mil, principales bases d'alimentation des sénégalaise mais jugés sans intérêt pour le commerce international, furent remplacées par l'arachide plus profitable. Cette dernière était donc exportée vers d'autres pays et en échange on recevait du riz importé.

Aujourd'hui encore on voit l'impact de cette période sur notre cuisine, beaucoup sont convaincus qu'il faut absolument du riz brisé pour faire un Thiéboudiene. C'est d'ailleurs une question qui revient souvent dans les commentaires. La réponse c'est que vous pouvez mettre le riz que vous voulez. Amusez vous! Pour moi, ce qui fait la valeur du Thiéboudiene ce n'est pas tant le riz mais tout le processus pour obtenir ce plat: le rissolé, la préparation du bouillon, le nokoss, le roff, la double cuisson du riz ... toutes ces techniques propres à la cuisine sénégalaise qui montrent un réel savoir-faire traditionnel.
Le mérite de Penda Mbaye est d’avoir su s’adapter aux réalités de l’époque tout en préservant nos techniques traditionnelles de cuisine. Le Thiéboudiene était finalement un plat nécessaire non?
Pour revenir à notre recette, ce Thiéboudiene diaga (sauce aux boulettes de poisson) est sur mon blog. Elle est réalisée en partenariat avec Tilda. J'ai utilisé le riz long parfumé pour cette recette. Les riz Tilda, sont devenus mes riz chouchou pour plusieurs raisons. Je vous en parlerai un peu plus dans d'autres recettes.


Et vous avec quel type de riz faites-vous votre thiep? Dites-moi tout en commentaire?
Bonne fête de l'indépendance à tous les sénégalais!





